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Nature morte (Still life) 2001-2009
Serge Spitzer
2009

Balles de tennis uniques, dimensions variables

Dépôt de l'artiste (propriété de l'artiste) en 2009

Né en 1951 à Bucarest en Roumanie, Serge Spitzer vit et travaille à New York aux Etats-Unis.

Protagoniste de la révolution artistique de la fin des années soixante, il commence à développer une production de concepts fondés sur des modèles de la réalité. Le jeu de tensions entre visibilité et invisibilité, ordre et chaos, poids et flottement fragile, statique et mouvement est un thème récurrent dans l’œuvre de Spitzer et fait référence à de multiples fonctionnements sociaux et politique. Il allie des conventions artistiques avec des systèmes biologiques, technologiques ou sociaux pour questionner les processus de communication, de perception et de l'éveil de la conscience.

Ses œuvres montrées dans les institutions et les manifestations les plus prestigieux sont liées a leur site comme Re/Cycle (Don’t Hold Your Breathe) à la Biennale de Venise ou Re/Search (Alchemy and/or Question Marks with Swiss Air) au Kunstmuseum à Bern jusqu'à sa présence à Istanbul avec Molecular (ISTANBUL).

Le projet éphémère, Nature morte (Still life) 2001-2009, sur l’île de Vassivière, composé de dizaines de milliers de balles de tennis uniques sur une parcelle de plusieurs hectares n'est pas une simple composition d’objets statiques comme peut ironiquement le suggérer son titre. Fasciné par les multiplicités des paysages typiques, Serge Spitzer a choisi que le cycle de création de cette très énigmatique installation s’achève dans le bois de sculptures de l’île de Vassivière sur les hauteurs du deleuzien Plateau de Millevaches après avoir voyagé dans l'« American BACKYARD », l'arrière court américaine des jardins de l’Aldrich Museum of Contemporary Art à Ridgefiel en 2008 et aux « Swiss ALPS », les alpes suisses de Zuoz en 2009.

L’œuvre est une démonstration d'un imperceptible "modèle de réalité", qui se propage tel un virus et se présente comme une métaphore physique de la manière dont l’art interagit avec la réalité quotidienne. Comme dans de nombreuses « sculptures virales » conçues à partir des années quatre-vingt-dix de Serge Spitzer, la structure éphémère que l'artiste a mise en place dans la prairie de l’île, est transformée au fil du temps par des forces incontrôlées et accidentelles : les balles seront balayées par les vents, orages et pluies, ou poussées et déplacées par des visiteurs ; les enfants seront tentés de jouer ou d’en prendre une de temps en temps, l'herbe va croître, lentement, recouvrant l'original.  

Serge Spitzer s’est engagé dans la conception et le processus de fabrication de cette œuvre pour rendre le caractère unique de chaque balle et dans le même temps éphémère et sans accorder d'importance à préserver l'œuvre. Chaque balle utilisée a donc été imprimée à l’image d’un minuscule détail d’une parcelle de pelouse photographiée par l’artiste et dont l’agrandissement a permis d’arriver à ce vert pixélisé, mimétisme presque parfait des lieux où elles ont été jusqu’à présents implantées.

Bien que d’une exécution formelle très minimaliste, le projet de Serge Spitzer est entièrement construit autour de l’imperfection de la réalité avec résonances sociales et politiques. Son œuvre prend possession de l’environnement avec des objets qui impliquent à la fois les notions de loisir, de jeu et dans le même temps d’occupation militaire.

Dans la lignée de ces artistes qui ont utilisé les paysages comme vecteur de contemplation, Nature morte (Still life) 2001-2009 devient un champ pour penser.

 

Crédits photographiques : Jean-Baptiste Decavèle

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