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La Maison de Laine
Frédéric Ollereau
1997

Granit, tapisserie en laine et soie, 100 x 60 x 100 cm

Commande publique du Ministère de la culture et de la communication aidée par le Centre national des arts plastiques - Cnap (dépôt du Cnap/Fnac) en 1997

Né en 1962 à Grenoble en France, Frédéric Ollereau vit et travaille à Paris en France.

La Maison de Laine était composée de deux éléments : un bloc de granit en forme de maison sur laquelle était posée une tapisserie en laine et soie tissée à l’atelier "Courant d’art" à Aubusson. La tapisserie, représentant sur les six côtés de la structure un membre du squelette humain et installée à l’extérieur, a subi des dégradations consécutives aux diverses intempéries et s’est donc dégradée au fil du temps. 

Chaque élément composant l’œuvre est indicateur du propos de l’artiste : « Dans sa manufacture même, le tricot [la tapisserie] peut être perçu comme le symbole de certaines préoccupations quotidiennes. Maille après maille, comme autant de pièces réalisées, dans la solitude, ce geste peut témoigner à lui seul de l’acte de subsistance : il forme un tout, une enveloppe protectrice. […] La Maison de Laine de la taille d’un corps replié sur lui-même, en position de défense déjà lui offre un refuge face à la quotidienneté et le scelle dans un espace clos. Sans accroc, sans débord, le corps contraint par l’espace réduit - protecteur et geôlier - retourne à une réalité opaque, clandestine. Anonyme de nouveau ». La Maison de Laine est une œuvre issue d’une réflexion spécifique sur l’identité de l’individu dans l’espace social urbain.

La Maison de Laine est conçue pour être abandonnée, comme les graffitis, elle a laissé l’érosion se charger de faire disparaître peu à peu toute trace de son passage dans le lieu. L’œuvre renouvelle ainsi l’utilisation de la tapisserie, médium habituellement attaché à l’idée de pérennité. La tapisserie investissant généralement l’intérieur se retrouvait ici à l’extérieur ; le squelette devient une peau puis disparaît pour de nouveau laisser apparaître un autre squelette, celui de la structure en pierre. Le long travail du tissage se défait avec le temps ; la maison se fond dans la nature. Le squelette est disloqué, comme un pantin cassé, désarticulé qui s’use progressivement. La perte de l’œuvre est incontrôlable, la dépense irrémédiable.

 

Crédits photographiques : Jacques Hoepffner

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