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Sans titre
Andy Goldsworthy
1992

Pierre de granit sèche, 160 cm x 380 cm, deux boucles de 1500 cm et 1700 cm de diamètre

Commande du Centre d’art (propriété du Ciap) en 1992

Né en 1956 en Angleterre, Andy Goldsworthy vit et travaille dans le Drumfriesshire en Angleterre.

Andy Goldsworthy, un des artistes majeurs du Land Art, a conçu cette œuvre permanente sur l’île en relation avec l’histoire et la nature géographique du site et du lac artificiel. 

En 1994, il écrit : « Le paysage anglais est riche en murs de pierres sèches entourant les champs. Leur influence sur mon travail a été plus grande que les cercles de pierre préhistoriques auxquels je rends occasionnellement visite. Les murs sont des éléments vivants dans le paysage et c’est une grande leçon pour un sculpteur, par la manière dont ils utilisent le matériau et le lieu. C’est une grande leçon pour un sculpteur. Les enclos ont leurs origines dans ceux qu’édifiaient les éleveurs des collines pour enfermer leurs moutons. J’aime y entrer, parfois, pour m’abriter du vent qui souffle sur ces collines. Le lieu est rendu intense et calme par les murs qui le délimitent, on s’y sent protégé.

À Vassivière, j’ai travaillé sur les restes d’un mur qui délimitait autrefois un champ mais qui maintenant, depuis la création du lac artificiel, part d’un bois pour s’enfoncer dans les eaux. J’ai exploré la frontière entre le lac et le bois à l’aide d’un mur qui est lui-même frontière. Il enclôt les deux espaces et accentue leur contraste. Les différences d’espace et de lumière entre les deux endroits soulignent les changements qui ont eu lieu. Le mur évoque la nostalgie que l’on peut ressentir pour les huit villages qui ont été noyés, sans pour autant prendre parti contre le barrage. Il permet par sa présence de comprendre la nature de Vassivière. Le passé enracine une œuvre et la met en résonance avec le lieu.

Je n’ai jamais travaillé dans un lieu ayant été aussi soudainement transformé que Vassivière - on en ressent encore l’impact à l’heure actuelle - et, où la nature en dépit de cette transformation, soit toujours aussi forte. Le mur s’élève sur une rive mise à nue par la rencontre de deux natures - le bois et l’eau - et par les fluctuations engendrées par le barrage, le climat, les saisons ».

 

Crédits photographiques : Jacques Hoepffner


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