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Ariane, Messagère des Dieux
Alain Kirili
1990-1991

Ciment gris, granit de Compeix, sculpture 110 x 70 x 70 cm, socle 110 x 50 x 65 cm

Commande publique du Ministère de la culture et de la communication (propriété du Syndicat mixte "le Lac de Vassivière") en 1990

Né en 1946, Alain Kirili vit et travaille à Paris en France.

Le travail d’Alain Kirili relève indéniablement de la statuaire. Il s’exprime par la taille directe, le modelage et le moulage. Métal forgé, plâtre, terre, ciment, bronze sont ses matériaux privilégiés.

L’emplacement de cette sculpture sous le parvis du bâtiment de Aldo Rossi, à l’entrée du Centre d’art, constitue un signe fort qui, à la fois, désigne la spécificité du Centre, à savoir, recevoir des œuvres, susciter la création contemporaine et établit un net contraste, de par son volume, avec l’ensemble architectural des verticales métalliques. Cette sculpture abstraite (mais constituée à partir d’un modèle féminin vivant) est posée sur un socle en granit, celui utilisé pour les parements extérieurs du Centre qui fait partie intégrante de l’œuvre. Pour Kirili, cette œuvre chargée d’une lourde mémoire (à l’instar de celle de Aldo Rossi) peut évoquer de par sa forme un peu protubérante une énorme tête gardienne qui annoncerait l’entrée dans le bâtiment et protégerait les salles d’exposition.  

Alain Kirili brutalise le ciment, lui impose sa force et sa volonté, et donne à son œuvre un titre lourd de référence et d’allusion mythologiques Ariane, Messagère des Dieux. Ses sculptures fonctionnent comme une apologie de l’esprit, du rythme, du refus de l’immobilité et du mutisme : « Mes sculptures ne sont pas des objets mais des présences, des corps vivants » qui peuvent tout à la fois se regarder de face, de dos, de côté. Le travail de Kirili relève d’un « expressionnisme non amnésique » qui porte les traces d’une « profonde mémoire de l’histoire, des traditions, en relation avec l’inconscient ». Pour Alain Kirili, le modelé est l’art de la plus grande subjectivité ; à cet égard, Ariane, Messagère des Dieux témoigne bien de cet intérêt dominant pour le geste, le modelé, une chair vivante, extatique : la terre transformée en chair est palpée comme un corps.

 

Crédits photographiques : André Morin


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