bouillon.jpg

Solstice d’été
François Bouillon
1984

Granit et noir de fumée, 400 x 100 x 100 cm

Commande du Syndicat mixte "le Lac de Vassivière" (propriété du Syndicat mixte "le Lac de Vassivière") en 1984

Né à Limoges en France en 1944, François Bouillon vit et travaille à Paris en France.

François Bouillon porte un interêt tout particulier aux civilisations qui, comme celles des Dogons, des Aborigènes australiens ou des Inuits, vivent en relation symbiotique, magique et pragmatique avec la nature. Son œuvre se fonde essentiellement sur la manipulation de matériaux. Qu’il s’agisse du bois, de la pierre ou du métal, ils sont avant tout utilisés pour leurs qualités « matériologiques » intrinsèques, mais subissent, par la truchement de rapprochements inattendus, un déplacement sémantique qui nous les désigne comme résolument investis d’une dimension symbolique. 

François Bouillon décrit ainsi Solstice d’été : « La sculpture est composée de deux triangles équilatéraux qui s’opposent à l’intersection et forment une étoile juive. Le centre de gravité est parfaitement géométrique. Mais lorsque l’on tourne autour, on a l’impression d’un déséquilibre qui est rattrappé par un ovale formé de trous percés avec des mèches et à l’intérieur desquels a brûlé de l’huile ». L’empilement des deux blocs donne une curieuse impression de déséquilibre que l’ovale, formé par les traces du feu absent, parvient à corriger. « L’ovale de feu lie les deux prismes comme le solstice lie deux saisons ». Les différentes figures géométriques que sont le triangle, l’étoile et l’ovale interviennent, dans cette œuvre, au travers de rapports complexes d’antinomie et de complémentarité et participent à l’édification d’un monument de « l’équilibre instable ».

La notion de « solstice » - étymologiquement l’arrêt du soleil (sol « soleil » stare « être immobile ») - se matérialise sur l’île de Vassivière par la trace de forme ovoïde du feu qui parvient à lier en un seul ensemble les deux blocs de granit aux positions pourtant opposées. Avec Solstice d’été, c’est non seulement deux forces contradictoires qui sont mises en jeu : la force de la destruction du feu qui brûle, consume, dévore et celle de la résistance du granit due à son essence cristalline et à sa densité même mais également deux approches du temps, celle, limitée, de la combustion et celle, inaltérable et indéfinie du minéral.

 

Crédits photographiques : André Morin


Print